dimanche 15 mars 2009

Elysian Fields sur la pointe des pieds...


review du concert d' Elysian Fields à la Maroquinnerie le 08/03/09

C'est un dimanche gris et humide à paris, un jour triste aussi, car je raccompagnais le matin ma fille de 10 ans (dont j'avais la garde pendant les vacances d'hiver) à la gare, malheureusement, c'était un jour de malchance, car elle a raté son train à cause de moi, j'ai attendu avec elle dans le café en face des voies, le prochain train partit 3 heures plus tard. La malchance m'a poursuivi jusqu'au soir, j'arrivais largement en avance pour le concert, le temps d'aller boire quelques bières, l'heure venue je me présente avec une amie devant le café de la danse, le rideau était baissé, Elysian Fields, allait monter sur scène ce soir, mais à la maroquinerie..
La pluie et la nuit s'abattent sur nous, nous prenons un taxi, et nous arrivons in extremis pour le début du concert qui sera le meilleur concert de cette année...

le temps s'est arrêté le dimanche 8 mars rue boyer à Paris pour le concert d'EF, Jennifer Charles après 3 ans d'absence revient requinquée d'un long voyage, ou elle a rencontré l'amour avec un homme de pouvoir proche de Sarkozy à la réunion, puis la désillusion lui est apparue lorsqu'il l' embarqua dans une entreprise de vignes au Texas. Dégoutée par cet homme intéressé uniquement par le profit, elle fuit au Mexique, elle y rencontra un pianiste qui n'a que 3 doigts, elle l'emmènera dans ses bagages à New York, pour retrouver son compagnon guitariste Oren Bloedow. Son dentiste et son premier fan, à son retour, l'a demandé en ami sur facebook, il finira dans le groupe à jouer de la batterie... C'est de cette façon totalement loufoque, vers la fin du concert, dans une ambiance de cabaret ou les âmes soumises aux charmes de Jennifer, qu'elle présente ses musiciens, avec une narration cinématographique truculente sur du rock noir, mais illuminé !

Jennifer Charles, est une petite fiole remplie de poison, débouchez là et vous serez aspiré dans un cabaret mauve bondé ou le public n'est plus qu'une âme vibrant aux caresses vocales de cette prodigieuse plante carnivore...
elle fera de vous son jouet, ne comprenant pas un seul instant ce qui vous arrive, transformé en animal de sa basse-cour, vous vous laisserez picorer le coeur et les tripes, complètement offert, en admiration de la déesse.

Dans sa longue robe noire aux paillettes dorées, elle transcende la musique par sa voix si unique qui vous fait tout oublier, on ferme les yeux pour ne sentir que sa respiration.



On se perd avec elle, on ne sait plus qui on est vraiment tellement la beauté et la subtilité des morceaux vous vont droit dans le coeur. Lorsqu'elle lâche "I like you" dans la foule, on rougit. La guitare a des cordes de velours, le piano est une bande originale de films. Sur certains morceaux, on retrouve la chaleur de l'orgue utilisé dans l'album de Jean louis Murat "a bird on a poire" auquel, elle a participé largement (elle était venue de Californie...). Sa présence n'est sans aucune mesure comparable aux prestations précédentes, notamment celle du café de la danse avec JLM pour cet album, sa timidité s'est évanouie, elle ne ferme que rarement les yeux, elle assume l'hypnose de l'audience. Nick Cave à côté est un rongeur les dents pleines de persil, elle fait fondre la banquise cette Jennifer de grand cru !

"Elle se balance sur un trapèze les pieds nus", elle n'a plus peur du vide, et, son balancement nous hypnotise, "the Afterlife", littéralement "l'après vie" son nouvel album vous enchantera, on ne demande pas mieux que de mourir si l'après vie est aussi confortable qu'un concert d'Elysian Fields".

Allez voir les photos du concert sur le cargo:
http://www.lecargo.org/spip/elysian_fields/maroquinerie_paris/photos-4754.html

La maroq' ne s'en est toujours pas remise:
http://www.lamaroquinerie.fr/

jeudi 12 mars 2009

RadioActiBurger

review du concert de Rodolphe Burger et David Thomas (PERE UBU) au BATACLAN le 5/03/09


LA personnalité de David Thomas, chanteur du groupe mythique, mais oublié PERE UBU est terrifiante, cet ogre de 2m vêtu d'un imperméable 3/4 en daim et d'un chapeau de pêche cache sous sa barbe, une âme torturée en quête de vérité émotionnelle et de contact brut avec une audience médusée ce soir au Bataclan.

Il est donc l'invité de RB, pour l'accompagner un guitariste émérite armé de pédales d'effets...
David Thomas chante pour exorciser ses démons, sur des accords de guitare torturés, un rock minimaliste et destroy, sa voix est miraculeuse, elle est pleine de bleues, toute en souffrance "life is so hard, please help me, I'm living by myself, I need someone.....DIE...DIE....DIE" ça vous arrache les tripes, ce soir j'ai entendu David Thomas hurler....



RB entre seul avec une guitare, son public fidèle le met tout de suite à l'aise, sa voix chaude rassure, et arrive à envouter le fond de la salle toujours dissipée vers le bar....



RB chante "personne ne meurt jamais", et on l'on devient immortel, lorsqu'il chante "le cheval s'emballe»-l'on hennit...




Ensuite présentation d'un titre du prochain album valley session, et heureuse surprise, c'est une reprise de "Joy Division" love will tear us apart" qu'il joue avec sa rage mêlée à sa sagesse qui le caractérise, RB est un esthète !


l'enseignement continu avec une leçon d'arabe,"le verbe en arabe n'a pas d'infinitif, on le présente au passé," c'est une musique post rock pour tableau noir...

Il pointera sa guitare comme un canon sur "ensemble", il n'ira pas à Miami, quand le silence s'installe dans le morceau, c'est un instant profond de réflexion, mais proférant sa menace, je ne suis pas ton complice, il appuie sur la pédale de disto et la salle s'embrase...


Seul avec sa guitare et ses machines, RB est un enfant s'amusant avec son train électrique. Nous somme à l'intérieur de la locomotive, RB est un conducteur hors pair, qui ne nous secoue pas le ventre gratuitement, ni ne cherche le frisson du looping, c'est avec classe que nous voyageons dans sa musique, de l'Afrique à l'Amérique, des déserts éclairés par une pleine lune ou des montagnes sublimées par un couché de soleil..

Le mélange de chansons aussi comme le mélange des cultures est une réinvention, comme en témoigne cette version incroyable du "passenger" d'Iggy Pop, qui rejoint par David Thomas avec la mélodie d'une autre chanson que je ne connais pas fait gagner encore en émotion et mélancolie au dernier trajet musicale de cette soirée avant tout de même un "billy the kid' ou David thomas toujours présent sur scène va hurler à la mort dans le dos de RB toujours amusé, et puis aussi il hurlera dans le public, et puis un peu partout et disparaitra.



Le rappel évidemment nous offre un sacré bonus, une version guitareburgesque de radioactivity de kraftwerk, RB fais glissser ses doigts sur tout le manche comme un irradié de Tchernobyl, survivant à cette expérience unique, qui monopolisera chimiquement mon activité cérébrale pendant 10mn, je témoigne par cette chronique du genie de rB à s'approprier les morceaux cultes, et ça c'est une bonne nouvelle pour valley session son prochain album qui en contient tout un wagon.


lundi 16 février 2009

Vive l'international de Ménilmontant!!!

review de la soirée du 15 février à l'international, avec Jason Edwards en acoustique, suivi de l'Afrobeat Family Affair pour une jam explosive!!!
























Jeune salle de la nuit parisienne, l'international est ouverte depuis 6 mois, elle affiche une programmation rock, indie, folk, et afro aussi ce soir...
Placée pas loin de la rue oberkampf, elle se veut dynamique et surtout gratuite, le prix des boissons est très bon marché qui plus est...

1ère partie de soirée:

Le dimanche est acoustique à l'international, Jason Edwards, cet artiste du label technoïde Kill the Dj (chloë et ivan smagghe) est l'artiste dark folk qui est à l'affiche ce soir.

En ouverture,"Down the drain", morceau assez noir, plante bien le décor de cette folk ombrageuse, c'est ce que doit chanter Kurt Cobain libéré de ses semelles de plomb là bas, du grunge folk?
Jason est avec son band, sa dulcinée fait les chœur, il est accompagné d'une contre basse, et de 2 saxos (un basse, un alto), en alternance avec une flute traversière.

La suite est une marche funèbre, le saxo basse en avant donne le rythme à nos pas, il fait nuit noire et nous avançons dans la neige. Jason aime beaucoup le ciné, et ça se ressent dans ces compos, ce songwriter dédicace ces chansons aux loosers et aux boozers. Sur Busyman, on ressent le côté blues du garçon, pour le morceau dédicacé au boozers, c'est dans la caravane tsigane qu'il nous embarque, on y voit passer un cirque où Nick Cave serait le maître de cérémonie.
Codeïne est le morceau que je préfère, c'est à ce moment que j'ai envie de tuer les gens qui discutent derrière moi, Jason nous conte une histoire d'amour, avec sa copine ou sa sœur... on s'en fout, il est accro à sa guitare de toute façon et nous aussi.
Pour terminer son set, on aura droit à un morceau qu'il chantera avec sa femme, un morceau hypnotique comme du low, qui s'envolerait en hymne hippy; tous en fil indienne derrière une flute traversière enjouée.

Entre 2 concerts, je ne saurais trop vous conseiller le restaurant marocain "funk'n'food" qui se trouve en face de l'international. Le mizmiz, c'est le catering, on y croise tous les artistes qui joueront ce soir, je vous recommande personnellement le saffa!



2eme partie de soirée:

je reprends l'annonce du site de l'international:
AFROBEAT FAMILY AFFAIR

surprise de dernière minute, cadeau de noël en plein de mois de février, l'AFROBEAT SESSION de l'INTERNATIONAL réunit dans un gigantesque boeuf des pointures telles que TONI NAMELESS, CAFE CREME & LES FRERES SMTIH, Franck Biyong, Masta Conga, Imani Uzuri, et bien d'autres comme le fils de Bobby Mc Ferrin, une choriste des roots, et une américaine avec une voix aussi puissante qu'une Mary J Blidge, cette dernière a enflammé le public qui lui répondait "amen" ou "hey men" sur commande!
Tous ces artistes sont agglomérés sur la scène, pas un cm2 ne reste vacant, une envie de jouer irrésistible les rassemble, on assiste à un spectacle d'une qualité rare, impossible de résister à cette lame de fond de beats répétés à l'infini, à toutes ces voix qui vont se succéder, et se répondre dans un élan d'amitié.
Ce concert était donc un énorme boeuf avec la crème des musiciens de la scène afrobeat internationale (comme quoi le nom de la salle est bien pensé quand même...), un hommage enthousiaste à Fela, et un partage d'énergies, de rythmes, de danses, et d'impros inattendues pour le public chanceux qui a poussé la porte de l'international ce soir...


L'internatonal - 5/7 rue Moret 75011 Paris


My space des musiciens de AFROBEAT FAMILY AFFAIR:

www.myspace.com/franckbiyongandmassak - Les Freres Smith
 www.myspace.com/cafecreme - Toli Nameless 
www.myspace.com/femmnameless - Masta Conga
 www.myspace.com/mastaconga - Imani Uzuri 
www.myspace.com/herholywater - Allonymous www.myspace.com/allonymous

samedi 14 février 2009

Liebe Robocop help myself to dance!


review du concert des Robocop Kraus, le 13 février à mains d'oeuvres, St Ouen.

Retour à St ouen pour la seconde fois cette semaine, ce soir j'ai cour d'allemand, tous mes copains sont dans la cafet, tout comme moi ils n'ont pas voulu rater la leçon de rock germanique surtout quand le prof s'appelle robocop, qu'il a échangé son armure d'acier contre une veste vert pomme, et qu'il se dandine sur l'estrade comme un beau diable.
Vive erasmus, nos correspondants allemands sont enfin arrivés, ils sont nombreux et heureux d'être là, comme robocop kraus, qui lui est même carrément trop cool, la foule est amassée devant, je m'avance au plus près, sors mon petit carnet, Luz comme d'habitude lui préfère croquer.
Robocop Kraus, c'est un peu comme Franz Ferdinand, mais en plus burné normal.. Ce qui est magique dans ce groupe pop rock, c'est l'alchimie entre les membres, et ces gars savent donner comme personne, je me souviens les avoir vus en 2005 au festival espagnolesque de benicassim, le chanteur avait slamé d'un bout à l'autre du public, un des meilleurs concerts de ce festival...
je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, notre gentil dandy ne fera pas d'acrobatie ce soir, c'est le premier concert de leur tournée après un état grippal qui les a obligés a annulé Bordeaux et Besançon.
Ils sont 5 sur scène, ce qu'on remarque d'emblée, c'est leurs personnalités, ils se complètent, car ils sont libres et différents.
ROBOCOP, c'est une machine à tubes... tous les morceaux, on les retient dès la première écoute, toute la classe ensuite est capable de reprendre un refrain en choeur, c'est imparable...
Le batteur est fou, il tape ferme, mais avec amour, il aime cogner, ces ruptures et ses montées en puissance sont jubilatoires comme les accords de guitare à contre temps, le clavier souvent en avant sur les intros, sait aussi se faire discret et accompagner la voix. Thomas le chanteur est un fauve en cage, séducteur, il regarde ces élèves dans les yeux quand il chante comme dans ce clip "After Laughter Comes Tears", et quand ses comparses reprennent en choeur avec lui, on a encore plus envie de sourire.
La générosité de robocop n'est plus à prouver, et comme tout travail bien fait, se paye au prix de la sueur, souhaitons-leur de faire transpirer la planète cette année!